En août 2011, après trois semaines de concours à Pékin, j'ai été sacré "L'Etoile du chinois". Derrière ce titre ronflant, se cachaient à l'époque six ans d'études du mandarin et quatre ans d'études en Chine. J'ai eu la chance d'être le sujet d'un documentaire du réalisateur français Pierrick Guinard pour un documentaire intitulé "Ying Xiong, le Héros" ou "Sébastien héros en Chine" diffusé sur France Télévision en février 2014. Je reviens un peu sur mon parcours et comment je suis arrivé à décrocher cette "étoile".

J'ai commencé le chinois en 2005 au lycée Zola de Rennes, qui était alors le seul lycée publique à Rennes à avoir cette spécialité. Nous étions une classe de 30 sinisants venant tous d'endroits différents autour de Rennes, séparés en deux groupes avec deux professeurs : madame Pillet-Rosat, madame Gauthier. J'ai commencé le chinois pour des raisons pratiques : mes parents m'encourageaient à apprendre la langue qui pour eux serait la langue du 21ème siècle... Mais j'aimais déjà la culture chinoise avant ça, puisque que petit, j'adorais les épisodes de Tintin et le Lotus Bleu et de Tintin au Tibet... La sincérité, la politesse et la gentillesse des Chinois m'attiraient avant tout. A la maison, nous buvions du thé vert tous les jours, et j'enviais cette vie de raffinement et de finesse que me laissaient entrevoir les calligraphies, les jardins à la chinoise, les soieries et la porcelaine chinoise. Toutes les passions partent plus ou moins d'un idéal qu'on se fait d'une certaine chose.


Mon premier cours de chinois m'a fait peur... J'ai cru que ma professeur était en train de nous engueuler (le ton descendant du chinois est assez semblable à l'intonation de "NON !" en français) et nous ne comprenions absolument rien à cette langue complètement hermétique, ni les caractères, ni la prononciation ne nous laissaient deviner ce que notre professeur était en train de vouloir nous faire comprendre... Flou total !


Petit à petit l'oiseau fait son nid, ou bien comme on dit en Chinois : "L'habitude devient naturel", nous avons commencé à apprendre des méthodes que nous enseignaient nos professeurs : écrire tous les jours en chinois, prononcer les caractères en les écrivant, faire des autodictées, réciter, décomposer les caractères, tenir un carnet de vocabulaire... Jusqu'à maintenant, je continue à travailler ainsi mon chinois.


En octobre 2006, alors que je venais de rentrer en terminale, madame Pillet comme presque chaque année au lycée Zola, a organisé un voyage en Chine, J'ai eu la chance d'être choisi parmi ceux qui partiraient en Chine. Mais avant cela, en septembre 2006 nous avions accueillis nos correspondants chinois de l'école des Langues Etrangères de Jinan  (JFLS). C'était la première fois que je rencontrais un Chinois en chair et en os.

Mon premier Chinois


Pour dire la vérité, j'étais complètement perdu dans mes repères, puisqu'à cause des documentaires qui passent à la télé, les films sur la Chine qui passent en France, les expositions sur la Révolution culturelle, mes images de la Chine étaient toutes arriérées... Je m'imaginais recevoir un Coréen du nord à la maison, quelqu'un qui n'aurait jamais vu de télévision, de voitures, de ville occidentale. J'avais peur qu'il nous fasse une crise...

Mon correspondant chinois, que je vois toujours régulièrement à Jinan aujourd'hui, est un Chinois qui au contraire de beaucoup d'entre eux, aime beaucoup la viande. Le soir de son arrivée en France, ma mère avait fait des côtes de porc, et le voyant manger comme un affamé, j'ai commencé à croire à ma théorie de la Corée du nord... Le soir , il ne m'a presque pas parlé. Il s'est assis sur son lit pour lire un livre d'histoire de la Chine. J'ai presque cru que c'était pour m'éviter, moi "le sale bourgeois capitaliste", et donc éviter d'être questionné par un étranger...A ce moment-là, par politesse je suis resté dans la chambre, mais je demandais si pendant une semaine, nous arriverions à nous parler et à échanger véritablement...

Le lendemain, à Rennes, alors que nous descendons l'avenue de la gare pour aller au lycée, je lui demande en français :"Est-ce qu'il y a des voitures en Chine ?". Il me regarde avec un air étonné et me demande de répéter (il croyait avoir mal entendu...) je lui répète donc ma question... Il me regarde avec cet air énervé contre soi-même qu'ont les chinois quand ils pensent qu'ils ne comprennent pas et se sentent nuls et me demande : " Parle en chinois !". Je lui pose donc ma question en chinois et là, l'éclair ! "Bien sûr qu'il y a des voitures en Chine ! Même plus qu'en France ! Mon père a une Buick..."  Je commence à me poser des questions...

Première fois en Chine


Une fois sorti de l'avion à Pékin, sur la rampe pour descendre sur le tarmak, je comprends que ce que je pensais était totalement dépassé... La Chine et la Corée du nord sont deux concepts très différents... Je suis littéralement happé par cette modernité et cette énergie qui semblent bouillonner partout dans la capitale... Ce premier contact avec le pays "des Fils du Dragon" me bouleverse totalement... Cette impression d'être complètement déraciné, de ne retrouver presque aucun repères me donnée une impression de liberté...


De retour en France, je décide de partir en Chine après mon Bac pour faire ma licence là-bas. Le lycée où j'étais accueille chaque année des Chinois pour des échanges longue durée. Cette année-là nous avions un élève chinois en seconde. J'étais en terminale à l'époque. Son nom français : Claude. Surnommé "Claude le Chinois" ou " Claude l'empereur" par ses camarades. Les élèves chinois en échange longue durée peuvent habiter dans les familles françaises pour le week-end et les vacances. J'ai donc demandé à ma professeur de chinois, pour héberger Claude pendant la période après le nouvel an jusqu'aux vacances de mai. Claude a habité chez nous pendant trois mois et demi. Il est devenu un membre de la famille, un frère chinois pour moi et ma sœur, un fils chinois pour mes parents. Claude nous a fait découvrir le violon chinois, les dessins mangas, la cuisine chinoise, l'humour chinois, des films. Puis, quand j'étudiais à Jinan en Chine, j'allais chez lui tous les week-ends et nous nous sommes revus chaque année quand il rentrait de France, car il étudiait à Nice. Il est actuellement steward à Air France.


Partir étudier dans le Shandong

Au départ, je pensais aller à Shanghaï. Mais le père de Claude m'a conseillé d'aller plutôt dans le Shandong parce que c'est une région assez dynamique sans être stressante comme Shanghaï ou Pékin et puis parce que le Shandong est un des berceaux de la culture antique chinoise : Confucius, Mencius, Sunzi et beaucoup d'autres grands penseurs et hommes de l'histoire chinoise sont originaires de cette région.

L'Ecole normale du Shandong est une des premières universités à avoir accueilli des étrangers dans le Shandong après l'ouverture de la Chine mais l'institut d'échange international est reste assez petit ce qui fait qu'il n'y a en général qu'une centaine d'étrangers par an. Nos professeurs pouvaient donc s'occuper de nous avec plus d'attention que dans d'autres universités et nos occasions de rencontrer des Chinois et de vraiment prendre les habitudes de vie chinoises étaient plus nombreuses.

Immersion totale


Une fois arrivé en Chine, j'ai tout de suite commencé à chercher un appartement pour habiter avec des Chinois. J'ai vécu avec Wang Chen et Chen Bing pendant un an parlant tous les jours chinois du soir au matin, me frottant tous les jours à la culture chinoise, essayant de m'imprégner le plus possible des habitudes de vie et de pensée chinoises. Je dois dire que pour arriver à cela il faut bien plus qu'un an, puisque même après trois ans de chinois en France, arrivé en Chine vous ne savez presque rien dire... Alors vivre à la chinoise encore moins ! Mon idée était de me jeter dans le bain sans trop y penser. Je pense qu'au bout de quatre ans, je commençais à bien comprendre comment vivent les Chinois, quels sont leurs tabous, leurs modes de pensée, les codes de politesse à respecter... Mais il y a encore beaucoup à apprendre, une vie de suffirait pas. Mais vivant dans un environnement très chinois puisque les étrangers sont peu nombreux au Shandong, j'ai fait des progrès très rapides.

Une licence et un master chinois faits en Chine


J'ai fini ma licence en juillet 2011. L'équivalent d'une licence LLCE en chinois en trois ans, avec cours de chinois contemporain-classique, littérature contemporaine-classique, culture et folklore chinois, rhétorique, expression écrite, protocole, graphologie et linguistique. J'étais dans une classe chinoise, aucun autre étranger avec moi à part une Indonésienne avec qui je parlais chinois. Immersion totale.

En Chine les élèves en licence doivent écrire un mémoire pour leur diplôme, le mien portait sur la pédagogie des caractères chinois en France. Ma professeur de chinois française m'a transmis sa passion pour l'étude des caractères et comme je suis particulièrement intéressé par l'histoire, l'archéologie et les sciences cognitives, ce sujet m'a beaucoup intéressé. J'ai d'ailleurs continué mon étude sur la pédagogie des caractères chinois dans une partie de mon mémoire de master.

J'ai fait un master de pédagogie internationale du chinois qui est un master de l'Institut Confucius. J'ai obtenu une bourse du même institut pour mes études. 

Le théâtre et la télé


En même temps que ma licence, j'ai fait du théâtre que l'on appelle Cross talk en anglais, xiangsheng en chinois. Une forme très traditionnelle d'humour chinois ou deux acteurs sont debout sur la scène derrière une table et font rire les gens par leurs dialogues. Mon professeur de théâtre était  membre de la troupe de l'armée de Libération et m'a permis en deux ans de monter plus d'une quinzaine de fois sur scène dont plusieurs fois à la télé lors de programmes pour la fête du Printemps.

Après ces quatre ans d'études, mes professeurs de l'Ecole normale m'ont proposé de participer à un concours que l'on m'avait déjà recommandé plusieurs fois les années précédentes et dont les Français qui font du chinois doivent avoir déjà entendu parler : "Le pont chinois" ou Hanyuqiao.

Un concours de chinois international

Le concours auquel j'ai participé s'appelle 在华留学生汉语桥大赛 autrement dit : "Concours du Pont chinois pour les étudiants étrangers en Chine". C'est barbare, c'est chinois... Ce concours est organisé par l'Institut Confucius et le Hanban qui est en fait le service pour l'enseignement du chinois à l'étranger du ministère de l'éducation chinois. Il existe deux autres concours de cette sorte : un pour les collégiens qui apprennent le chinois dans leur pays et un autre pour les étudiants qui étudient le chinois dans leur pays. Ces deux concours passent aussi à la télévision chinoise mais sur la chaine Hunan qui est une chaine de divertissement qui n'appartient pas à la CCTV (China Central Television). 

Le concours pour les étudiants étrangers en Chine en était à sa 4e édition. C'est la chaine internationale de CCTV qui l'organise. Il se déroule en deux étapes : mi-mai avec les auditions dans les 25 régions participantes, et mi-août à Pékin à la CCTV pour les 9 manches du concours retransmis à la télé. En tout, il y a plus de 20 000 candidats à se présenter chaque année, mais une région ne peut retenir que 4 à 6 candidats pour monter à Pékin. En tout, ce sont 100 candidats qui sont retenus. Les 100 candidats sont donc d'un niveau assez solide en chinois oral et surtout doivent avoir une connaissance profonde de la culture chinoise, qu'elle soit contemporaine ou antique.

Pour le Shandong, c'est l'université du Shandong qui s'occupe des auditions en préliminaire : un jury de trois personnes, un contrôle écrit, deux tours d'audition. Pour l'audition j'avais préparé un vire langue chinois que l'on utilise dans le théâtre chinois comme "amuse-gueule" pour le public, certains peuvent être très longs. Celui que j'ai joué, dure une minute et raconte l'histoire "d'un lama qui revient de la pêche avec une truite et rencontre un muet qui porte une trompette, il veut échanger la truite contre la trompette, mais le muet n'est pas d'accord, le lama lui balance alors la truite dans la tête, le muet ne se laisse pas faire et lui fiche la trompette dans la tête, ils se battent et à la fin, le lama rentre cuire sa truite et le muet continue à jouer de la trompette dans la rue..." Une histoire sans queue ni tête... Au deuxième tour, j'avais préparé une récitation de poème chinois de l'époque Song (vers 900-1000 après JC) qui parle de la fête de la Lune.

Une stratégie ninja !

De mai à juillet, j'ai regardé les enregistrements des précédents concours, pour en connaître le contenu, les exigences du jury, et comme dit le stratège antique chinois Sunzi : "Connaître son ennemi et se connaître soi-même, c'est l'assurance de gagner toutes les batailles". J'ai donc pu étudier le concours pleinement et avec mes amis chinois, créer une stratégie pour aller jusqu'à la finale en m'économisant et en montrant mes capacités aux moments capitaux et de façon intelligente. Ce qui correspond tout à fait à la pensée militaire de Sunzi : "Anticiper, économiser, viser le moment et l'endroit propice, sortir l'épée, frapper sa cible sans qu'elle puisse le prévoir et  retourner se cacher. NINJA !" Et je crois que malgré la fatigue, le stress et parfois l'envie d'arrêter, c'est le fait qu'il y ait toute ma famille en France, ma famille chinoise, tous mes amis et mes professeurs qui aient été derrière moi qui m'a permis d'arriver jusqu'au bout...

Nous sommes partis à Pékin le 14 août. Dès notre arrivée, on nous a demandé de mettre nos plus beaux habits pour faire des photos. J'ai donc mis le costume que j'avais fait faire sur mesure à Jinan par une amie couturière. Un costume basé sur le portrait en pied de Napoléon III, qui pourrait rappeler des mauvais souvenirs aux Chinois à cause de la guerre de l'Opium, mais qui représente également une France "magnifique, romantique" et surtout un peu merveilleuse à leurs yeux.

Dès le lendemain, nous sommes partis au studio d'enregistrement pour les répétitions de la cérémonie d'ouverture du concours. Et ce fut ainsi tous les jours par la suite...

Un concours erreintant.

La partie du concours à Pékin est évidemment plus difficile que les auditions puisque la moitié du concours est basé sur des tests sur la connaissance de la culture chinoise.  Par exemple, dans les trois premières manches, qui ont été un massacre pour certains candidats dont le chinois était pourtant très bon, mais dont les connaissances culturelles n'étaient pas suffisantes... La première manche consistait en une sorte de "Questions pour un champion" : une série de questions éliminatoires sur la langue, la culture, l'histoire, la littérature, les personnalités chinoises... En tout 60 candidats éliminés. Une hécatombe. La deuxième et la troisième manche consistaient en une sorte de test de vocabulaire et d'expression orale : écoute d'une chanson et question sur un mot de la chanson, une question en rapport avec ce mot et le tout en une minute... pour la troisième manche c'était un film.

Les manches suivantes étaient toutes composées de deux parties avec le point fort mis sur l'improvisation et la capacité de réaction du candidat : la quatrième manche où il ne restait que 15 candidats était séparée en une partie théâtre, c'est-à-dire jouer un morceau d'un classique du théâtre chinois. Il y avait entre autre "L'Orage" de Caoyu, " La Maison de Thé" de Laoshe, et “La Répétition” de Lai Shengchuan. Je suis tombé sur le rôle du gérant de La Maison de Thé pour la première partie.  Nous n'avions que deux jours pour préparer la scène avec les metteurs en scène... dans la deuxième partie de la manche, nous devions raconter une histoire en nous basant sur cinq mots tirés au sort auparavant. Le tout avec seulement trente secondes de préparation.

La cinquième manche (12 candidats) se composait d'une partie calligraphie, j'ai choisi le caractère "épée" en l'expliquant en trois parties : le héros et son épée, le "chevalier «chinois dans "Tigre et Dragon" et enfin la persévérance et l'endurance du caractère contre les attaques extérieures. En deuxième partie,  nous devions improviser sur le thème du mariage, en présentant une personne du public à un candidat pour se marier. Lors de ce tour, je suis rentré dans la sixième manche in extremis, j'avais la deuxième place en calligraphie, mais l'improvisation sur le mariage a capoté à cause du stress et d'une partenaire pas très coopérative... j'étais donc dernier, mais pas éliminé !

Peut-être un peu secoué par ma note à la manche précédente, lors de la sixième manche (9 candidats) qui se composait d'une partie impro ou nous devions faire du porte-à-porte en vendant un objet tiré au hasard et d'un débat, j'ai obtenu la première place dans les deux parties... Avec, dans le débat une avance assez considérable. Peut-être due au fait que je peux parler très vite en chinois sans m'emmêler les pinceaux grâce aux entrainements vire langue du cross-talk...  

Lors de la cinquième manche nous n'étions plus que cinq. Deux Américains, un Costaricain, une Coréenne et moi. Cette manche est certainement la plus stressante pour les candidats puisque nous devons nous transformer en présentateur télé pendant quinze minutes durant lesquelles nous devons faire une minute de présentation, dix minutes de zapping impro et trente secondes de synthèse... Après tirage au sort, je suis devenu présentateur de la chaine économie bien que je n'y connaisse absolument rien... J'ai quand même réussi à faire rire le public en faisant des brèves sur le concours et son influence sur le NASDAQ, l'huile de tournesol, d'huile d'olive et d'arachide qui remplacent le pétrole ( que l'on appelle huile de roche en chinois) à cause de la montée de celui-ci avec les guerres civiles au Moyen-Orient. La montée des prix de l'immobilier en Chine à cause de la bulle "belle-mère".  “Bien prêté, bien rendu, la prochaine fois c'est vendu !" Les Français empruntent mais ne rendent pas, la Banque de France est en train de prendre des mesures pour supprimer les cartes de crédit !" Et enfin les bénéfices qu'amènent les élèves étrangers à l'économie chinoise dans le milieu touristique, hôtelier, industriel, animal et de l'édition : le livre du candidat français "Le Héros est aussi un homme" est déjà en rupture de stock !" Pendant les dix minutes de zapping impro, j'ai réussi à parler assez vite pour émettre assez d'informations en très peu de temps, et réussir à ne pas faire de hors-sujet. Ce qui m'a valu de finir premier avec 49/50 loin devant le deuxième.

La deuxième partie était une sorte de "Trouvez l'erreur". C'est une partie impro avec un des quatre présentateurs dans laquelle nous sommes dans une situation en train de discuter. Le présentateur fait exprès de faire des fautes d'expression, le candidat doit trouver les erreurs. En tout, il y a cinq erreurs qui peuvent être erreurs de sens, erreur de grammaire, erreur de connaissances générales, problème de logique... Et sans vouloir paraître pédant, j'ai réussi à créer un record puisque j'ai trouvé toutes les erreurs, ce qui n'avait jamais été atteint lors des précédentes éditions. De plus j'ai été félicité par le jury pour ma prestation car j'ai donné l'impression de jouer vraiment. J'ai surtout réussi à interrompre de façon naturelle et polie le présentateur au contraire de beaucoup d'autres candidats qui interrompaient brusquement, ce qui ne se fait pas en Chine... Après cette manche, je suis donc entré en finale en tête avec plus de 9 points d'écart avec la candidate coréenne et le candidat costaricain. 

La finale était composée d'un spectacle dans lequel s'intercalaient les trois manches restantes. Première manche non éliminatoire : vente d'objets chinois : service à thé, foulards en soie et chaussures en tissu chinoises. J'ai dû vendre les chaussures, ce qui ne m'a pas posé trop de problèmes puisque j'adore porter ces chaussures à la maison. La deuxième manche reprenait la forme de la manche des 20/40, c'est-à-dire explication de vocabulaire. Cette fois-ci c'est le candidat costaricain Mulei qui s'est fait éliminer. La dernière manche consistait en une suite de vingt questions sur la culture chinoise. Comme au ping-pong, sport dans lequel les Chinois excellent, le candidat qui mène le premier de deux points est vainqueur. La candidate coréenne s'est trompée sur deux réponses : la première sur le thé Longjing qui vient de la province du Zhejiang et le tableau "Vue de l'habitation sur la montagne au printemps" qui est exposé à Taiwan. J'ai pour ma part eu toutes les bonnes réponses.  

Les prix nous ont été remis par le ministre de l'éducation nationale et le ministre des Télécommunications, après quoi nous avons avec les cent autres candidats interprété la chanson "Apprendre le chinois" écrite spécialement pour l'émission et qui est kitsch comme ce n'est pas permis...

J'ai eu la chance de remporter ce prix, de faire honneur à mon pays, à mon lycée, à ma famille et à mes professeurs. Cela me rend fier et surtout très heureux ! D'autant plus que cette année était l'année du chinois en France et du français en Chine, je trouve que c'est un beau symbole. 

Grâce à ce concours, j’ai acquis une certaine notoriété en Chine et ai pu participer à des émissions télévisées. C’est également comme ça que j’ai trouvé mon travail actuel à La Chine au Présent. Je continue à travailler mon chinois tous les jours puisque je le parle à la maison avec ma femme ukrainienne et mes amis et collègues chinois. Je suis régulièrement à la télévision chinoise pour des émissions culturelles et j’espère que par ce blog je contribue un peu à présenter la Chine aux Français et francophones du monde entier.

Même si je suis "l'Etoile du chinois", je ne me prends pas non plus pour une "super-nova" et espère ne pas trop éblouir...